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	Commentaires sur : Janet Frame l&#8217;inouïe	</title>
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	<description>par martine roffinella</description>
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		Par : Philippe Sebbagh		</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Philippe Sebbagh]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:58:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[J&#039;ai survécu sept jours en 2018, sept autres jours en 2020, en hôpital psychiatrique en région parisienne, internements forcés suite à des tentatives de suicide, treize jours de coma sans espoir de retour la seconde fois, avec des durées minimales de séjour annoncées de trois semaines la 1ère fois, deux mois la seconde ; soit le temps d&#039;y mourir dix fois, tant j&#039;y ai dépéri (chambre à 2, à 3, toilettes perpétuellement bouchées dans la salle d&#039;eau attenante aux lits, vivre dans l&#039;odeur des excréments d&#039;un coloc&#039; au transit de feu, se battre comme un chien pour faire déboucher, au moins ça permettait de reboucher et de passer encore plus pour le chieur de service. Le jeu de mots est en bonus, ne vous y attardez pas, c&#039;est la stricte vérité, on vous explique que vous n&#039;êtes pas le centre du monde ; entre nous, je m&#039;en doutais un peu, j&#039;avais même des indices. 
Ce sont les livres qui m&#039;ont sauvé : je lisais toute la journée, beaucoup d&#039;interné(e)s étaient impressionné(e)s de mon calme (apparent), venaient à moi pour s&#039;apaiser à mon contact ; en 2020, ce fut &quot;L&#039;amie prodigieuse&quot; qui m&#039;aida à sortir de mon enveloppe corporelle, ma camisole psychologique, mais j&#039;avais lu d&#039;autres romans en réanimation, déjà. 
La lecture, la démonstration de sociabilité qu&#039;elle permettait dans la salle commune autour d&#039;une télé sans le son (assez bas pour que l&#039;on ne comprenne rien), c&#039;était l&#039;arme numéro Un pour rassurer sur mon état, écourter mon immersion dans cette humanité peuplée de désespéré(e)s - quasi pas de violences dans ce service, hors verbales -, échapper aussi à une nourriture qui me tuait plus sûrement qu&#039;une bonne mort aux rats, tant elle ne procurait pas à mon corps le minimum syndical dont il aurait su vanter les mérites tout le reste de son existence. 
Le livre qui nous réunit traite d&#039;une déshumanisation quinze fois plus extrême, mais je sais qu&#039;il me parlera, me parlerait ; un peu trop, peut-être, pour moi qui pleure si souvent, ces temps-ci.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai survécu sept jours en 2018, sept autres jours en 2020, en hôpital psychiatrique en région parisienne, internements forcés suite à des tentatives de suicide, treize jours de coma sans espoir de retour la seconde fois, avec des durées minimales de séjour annoncées de trois semaines la 1ère fois, deux mois la seconde ; soit le temps d&rsquo;y mourir dix fois, tant j&rsquo;y ai dépéri (chambre à 2, à 3, toilettes perpétuellement bouchées dans la salle d&rsquo;eau attenante aux lits, vivre dans l&rsquo;odeur des excréments d&rsquo;un coloc&rsquo; au transit de feu, se battre comme un chien pour faire déboucher, au moins ça permettait de reboucher et de passer encore plus pour le chieur de service. Le jeu de mots est en bonus, ne vous y attardez pas, c&rsquo;est la stricte vérité, on vous explique que vous n&rsquo;êtes pas le centre du monde ; entre nous, je m&rsquo;en doutais un peu, j&rsquo;avais même des indices.<br />
Ce sont les livres qui m&rsquo;ont sauvé : je lisais toute la journée, beaucoup d&rsquo;interné(e)s étaient impressionné(e)s de mon calme (apparent), venaient à moi pour s&rsquo;apaiser à mon contact ; en 2020, ce fut « L&rsquo;amie prodigieuse » qui m&rsquo;aida à sortir de mon enveloppe corporelle, ma camisole psychologique, mais j&rsquo;avais lu d&rsquo;autres romans en réanimation, déjà.<br />
La lecture, la démonstration de sociabilité qu&rsquo;elle permettait dans la salle commune autour d&rsquo;une télé sans le son (assez bas pour que l&rsquo;on ne comprenne rien), c&rsquo;était l&rsquo;arme numéro Un pour rassurer sur mon état, écourter mon immersion dans cette humanité peuplée de désespéré(e)s &#8211; quasi pas de violences dans ce service, hors verbales -, échapper aussi à une nourriture qui me tuait plus sûrement qu&rsquo;une bonne mort aux rats, tant elle ne procurait pas à mon corps le minimum syndical dont il aurait su vanter les mérites tout le reste de son existence.<br />
Le livre qui nous réunit traite d&rsquo;une déshumanisation quinze fois plus extrême, mais je sais qu&rsquo;il me parlera, me parlerait ; un peu trop, peut-être, pour moi qui pleure si souvent, ces temps-ci.</p>
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		Par : Félicie Dubois		</title>
		<link>https://martineroffinella.fr/janet-frame-linouie/#comment-24393</link>

		<dc:creator><![CDATA[Félicie Dubois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 08:42:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[... &quot; l&#039;Humain, cet effroyable sensible.&quot; Formidable, chère Martine 🙏🏽]]></description>
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