de ROFFI / martine roffinella

« Peut-on mûrir de plaisir ? » Oui, grâce au Carnet inspirales !

« Peut-on mûrir de plaisir ? »  Oui, grâce au Carnet inspirales !
« Ennemi de l’ennui », aide au joyeux vagabondage de nos méninges saturées d’anxiété, précieux outil de libération d’idées : le « Carnet inspirales » et ses 1 200 aphorismes, pensées et autres bêtises nous offre « un aller pour nulle part quand on est revenu de tout » !

Par les temps qui courent, les apho­ristes Anna Con­da, Olivi­er Rouge et Philippe Schoepen devraient être décorés de la médaille de la bonne humeur ! Munis d’un goût de l’observation et d’un sens de la répar­tie spé­ciale­ment alertes, ils nous sur­pren­nent à chaque détour de mots, déri­dant en un clin d’œil notre front soucieux.

Tous les secteurs de la vie sont drôle­ment vis­ités – et l’on se demande par exem­ple « com­ment épil­er le mot “esthéti­ci­enne” », ou si l’on peut « à la fois écrire vite et met­tre la gomme ». La grande His­toire n’est pas en reste. « Décor­er un arbre pour Noël remon­terait à l’époque de l’homo sapin » ; « Staline : Petit père dépe­u­ple » – et cette ques­tion légitime : « Ils s’appelaient com­ment les cols Mao avant Mao ? »Les bons mots sur les erre­ments de notre société con­tem­po­raine ne man­quent pas non plus – « Vous aviez un bon mobile pour tuer votre femme ? – Oui, j’avais le dernier IPhone. » Et même si « les utopies tour­nent sur elles-mêmes », cela n’empêche nulle­ment nos apho­ristes de s’étonner des phénomènes naturels : « Méfiez-vous des oiseaux ! Cer­tains sont de vrais piverts nar­cis­siques ! » Ou encore de pass­er de déli­cieuses annonces : « Ser­pent cherche beau brin pour vivre sa mue gaie » ; « Baleine mélo­mane recherche orque de bar­barie » ; « Chien cherche baby set­ter », etc.

Vous l’avez com­pris : il faut se pré­cip­iter sur cet ouvrage haute­ment salu­bre et salu­taire, remède 100% effi­cace con­tre l’aigreur – ce fléau pire que la peste et dont nos magi­ciens des phras­es nous préser­vent.

L’on se délectera aus­si, en lisant et relisant Le Car­net inspi­rales, des for­mi­da­bles dessins de Cécile Bertrand, ain­si que de la mise en page orig­i­nale par Leen Minne.

Quatre questions à
Anna Conda, Olivier Rouge et Philippe Schoepen

MARTINE ROFFINELLA : Le titre de votre ouvrage est un clin d’œil à la chan­son de William Sheller : « Le car­net à spi­rale ». Pour­riez-vous nous en dire plus sur l’origine de ce pro­jet com­mun ?

ANNA CONDA : J’avais envie depuis longtemps de me lancer dans l’écriture, de nom­breux twee­t­os me le sug­géraient en me deman­dant quand je pub­lierais un ouvrage. À part rédi­ger des tweets, je ne sais pas faire grand-chose, et grâce à Philippe j’ai pu con­cré­tis­er ce pro­jet de livre.

OLIVIER ROUGE : Quand Philippe Schoepen m’a par­lé du pro­jet, il l’avait inti­t­ulé « Non, non, rien n’a changé », en référence au tube des Pop­pys [groupe d’enfants ayant ven­du des mil­lions de dis­ques dans les années 1970, sur la thé­ma­tique hip­pie]. En gros, son idée était que les généra­tions changent, mais que les petits et grands thèmes de la vie restent les mêmes. Nous avons causé de nos façons respec­tives de pren­dre des notes. Je lui ai dit que moi, j’utilisais des car­nets et cahiers à spi­rales, car c’est pra­tique à manip­uler et par­fait sur le plan de la chronolo­gie. Avec le sens de la répar­tie qui le car­ac­térise, Philippe a lancé : « Le Car­net inspi­rales ! » On a ri. On a par­lé de William Sheller. Puis Cécile Bertrand a sub­limé l’idée en créant son illus­tra­tion du per­son­nage-ampoule, dont le fil­a­ment devient sty­lo. Et la saga était sur les rails…

PHILIPPE SCHOEPEN : C’est le livre de mon ami Fred Lam­bin, Mine de rien, qui m’a inspiré. Fred a demandé à quelque 40 dessi­na­teurs d’illustrer ses 75 apho­rismes. Con­cer­nant notre pro­jet, lancé en 2016, j’ai voulu priv­ilégi­er l’écrit dans un recueil, et faire appel à un seul dessi­na­teur (au final, la renom­mée Cécile Bertrand, qui a pub­lié une ving­taine de livres de dessins !) pour illus­tr­er les plus belles idées. Seul, je n’allais pas y arriv­er. J’ai demandé à Anna Con­da (près de 27.000 abonné.e.s sur Twit­ter) de me rejoin­dre. Sa facil­ité à écrire des phras­es drôles et cour­tes m’a tout de suite plu. Et Anna Con­da a accep­té avec plaisir. Olivi­er Rouge m’a accom­pa­g­né dès le début, pour la stratégie édi­to­ri­ale notam­ment.

M. R. : Com­ment s’est effec­tuée votre ren­con­tre, et à quel moment l’idée de con­cevoir ce livre a com­mencé à ger­mer ? Quelles ont été vos aspi­ra­tions, en déci­dant de réu­nir vos bons mots, « pen­sées et autres bêtis­es » ?

ANNA CONDA : Sur Twit­ter tout sim­ple­ment, on se suiv­ait avec Philippe, je ne con­nais­sais pas encore Cécile, Olivi­er et Leen.

OLIVIER ROUGE : Comme Philippe et moi sommes copy­writ­ers et col­laborons par­fois sur cer­tains pro­jets, j’ai tout de suite été embal­lé par l’idée de con­stituer un col­lec­tif d’auteur.e.s, avec Cécile Bertrand pour les illus­tra­tions. Il m’a présen­té Anna Con­da sur Twit­ter. Je suis tout de suite « tombé sur le cul », comme on dit, face à un tal­ent pareil et ses 27.000 fol­low­ers. Un col­lec­tif mêlant hommes-femmes et avec Leen Minne au graphisme, que rêver de plus pour pro­duire du haut, voire du très haut niveau ? Nous avions tous la même ambi­tion. Cela représente énor­mé­ment de tra­vail, mais génère aus­si beau­coup de plaisir. Le mot clé est : « ému­la­tion ».

PHILIPPE SCHOEPEN : Je con­nais­sais Anna Con­da « virtuelle­ment ». Olivi­er Rouge, je l’ai con­nu en 2015 à l’occasion d’une for­ma­tion sur le web­writ­ing. Quant à Cécile, je la côtoie depuis un peu plus longtemps, via Face­book. Leen Minne est une de mes col­lègues, info­graphiste. J’ai voulu créer autre chose qu’une sim­ple liste de bons mots. Il fal­lait un con­cept, con­cili­er astu­cieuse­ment mots et images, trou­ver une idée neuve. Comme l’a écrit Olivi­er dans notre com­mu­niqué de presse : « Chaque cita­tion est une créa­tion pro­pre, bien au-delà du sim­ple jeu de mots. » Et les pre­miers échos des lecteurs sont très posi­tifs !

M. R. : De quelle façon tra­vaillez-vous pour con­cevoir ces apho­rismes ? Com­ment nais­sent-ils et surtout com­ment vous y prenez-vous pour aboutir à cet effet si réus­si ? Avez-vous juste­ment un « car­net à spi­rale » tou­jours à portée de main ?

ANNA CONDA : C’est spon­tané me con­cer­nant, ça vient tout seul, je tweete comme je pense, ça me tra­verse l’esprit et j’ai besoin de l’écrire. Je n’imaginais pas que cela plairait autant et que j’aurais autant de retours.

OLIVIER ROUGE : Par mes études et mon méti­er de copy­writer, je suis rodé à écrire tous azimuts. J’exerce égale­ment l’activité de stratège en con­tenu et de coach édi­to­r­i­al. Mais Anna Con­da et Philippe Schoepen avaient des mil­liers d’aphorismes d’avance sur moi, plus top les uns que les autres ! Ce n’est pas grave. J’essaie de résor­ber mon « retard » (lol). Les idées nais­sent instinc­tive­ment ou selon cer­taines méth­odes. Comme des cuisiniers, nous gar­dons nos « recettes » pour nous. Sachez que nous n’avons jamais la page blanche ! Pour le côté « inédit », il faut effectuer un tra­vail con­séquent pour véri­fi­er que ce que nous pon­dons n’a pas déjà été pro­duit. Ensuite vien­nent les « tests » et la « sélec­tion » des traits d’esprit les plus per­ti­nents. Bref : pas le temps de s’ennuyer ! Et au fait oui (sourire) : il y a de petits car­nets à spi­rales partout chez moi…

PHILIPPE SCHOEPEN : L’écrit court est pour moi un exer­ci­ce extra­or­di­naire, mais aus­si une école d’humilité. Être orig­i­nal en quelques mots n’est pas évi­dent. Nous avons fait un tra­vail intense de présélec­tion. Lors de la relec­ture des épreuves, nous avons con­tin­ué à sup­primer, cor­riger, amélior­er.

M. R. : Les réseaux soci­aux, cham­bre d’écho de vos écrits, sont sou­vent accusés de répan­dre la haine. Votre livre – issu de paru­tions préal­ables sur les­dits réseaux – sem­ble prou­ver qu’un autre mode de com­mu­ni­ca­tion est pos­si­ble entre inter­nautes. Quel est votre avis là-dessus ?

ANNA CONDA : J’adore Twit­ter pour cela, on y trou­ve de tout ! Voilà 7 ans que je tweete, et j’ai eu la chance de pou­voir crois­er sur ce réseau des per­son­nes extra­or­di­naires – davan­tage que des haineuses, c’est pourquoi j’y reste, en m’efforçant d’y organ­is­er aus­si pas mal d’entraide. Bien sûr l’indignation me paraît sou­vent néces­saire, et si j’ai un avis je n’hésite pas à le partager, mais sans haine. Je préfère l’ironie ou la moquerie, plus sub­tiles que les insultes. J’aime aus­si deman­der leurs avis aux twee­t­os sur plein de sujets, c’est tou­jours pas­sion­nant et intéres­sant.

PHILIPPE SCHOEPEN : Je me pro­tège doré­na­vant de tout con­flit sur les réseaux soci­aux. Je suis des comptes sur l’écriture et la com­mu­ni­ca­tion, prin­ci­pale­ment. Fini l’indignation per­ma­nente et la guerre aux trolls. Main­tenant, j’ai trop peu de trolls, mais j’ai des idées.

OLIVIER ROUGE : Je suis d’accord avec Philippe. Per­so, ma vision est que je ne me laisse pas attein­dre par les gens « pol­lu­ants » ou jaloux. Je préfère aller de l’avant et le prou­ver par la qual­ité d’un livre tel que Le Car­net inspi­rales. C’est pour cela que réalis­er ce type d’ouvrage en col­lec­tif d’auteurs soudés par les mêmes valeurs est essen­tiel.

Le Carnet inspirales, par Anna Conda, Olivier Rouge, Philippe Schoepen. Dessins : Cécile Bertrand. Mise en page : Leen Minne.
Imprimé par Le livre en papier, ISBN 978-2-8083-0338-5 16,00 € Tvac (hors frais de livraison) / commande en ligne : https://urlz.fr/8slT
Format : A5, 172 pages / Facebook : https://urlz.fr/8w77 
Contact : lecarnetinspirales@gmail.com / Philippe Schoepen / 0032 494 46 87 10

 


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