de martine roffinella

Coup de chapeau à : Béatrice Thiriet

Coup de chapeau à : Béatrice Thiriet

©MartineRoffinella

« Le plus compliqué, ce n’est pas de persuader les autres que je suis compositrice », explique Béatrice Thiriet, mais plutôt « d’être considérée au même titre qu’un collègue masculin » : encore trop souvent, « les commandes importantes » vont aux hommes. C’est la raison d’être de cette nouvelle rubrique du blog dédiée aux femmes de courage et de talent(s).

J’ai décou­vert la musique dite clas­sique à l’âge de cinquante et un ans passés, alors que je venais de cess­er de boire (et de fumer) après une déjà longue vie d’alcoolisme.
Le sevrage s’étant fait sans aucun traite­ment de sub­sti­tu­tion ni la moin­dre aide médi­cale extérieure, c’est une quête spir­ituelle, tou­jours en cours, qui m’a per­mis de com­pren­dre le mécan­isme des addic­tions.
M’étant décon­nec­tée de la télévi­sion, et alors que j’explorais en par­al­lèle l’œuvre du penseur Jean Klein, je me mis à écouter France Musique.
Très vite je me rendis compte que ma cul­ture dans ce domaine était assez proche du degré zéro, et que tout était à décou­vrir, à appren­dre avec pas­sion.

Béa­trice au piano. Pho­to : ©Jérô­me­Dia­mant-Berg­er.

Sept ans plus tard, une bril­lante com­positrice accepte mon invi­ta­tion à venir par­ler de son œuvre sur mon blog, et vrai­ment, c’est avec beau­coup d’émotion que je vous présente ce Coup de cha­peau à Béa­trice Thiri­et.
Je remer­cie chaleureuse­ment Aliette de Laleu, que j’é­coute régulière­ment sur France Musique, de m’avoir aigu­il­lée sur ce choix – et bien sûr je suis infin­i­ment recon­nais­sante à Frédéric Lodéon, dont l’émis­sion Car­refour de Lodéon est une réjouis­sance chaque semaine atten­due, pour sa pré­cieuse par­tic­i­pa­tion ici (lire ci-après).

Mais assez par­lé pour ce qui me con­cerne, place à ma tal­entueuse invitée !

Béa­trice Thiri­et en quelques dates
  • 1993 : Pre­mière musique de film pour Petits arrange­ments avec les morts, de Pas­cale Fer­ran, Caméra d’or au Fes­ti­val de Cannes 1994.
  • 2000 : Nou­velles His­toires d’Elle, opéra de cham­bre (texte et musique de Béa­trice Thiri­et). Prix Nadia et Lili Boulanger à l’académie des Beaux-Arts.
  • 2006 : Faite Cheva­lier de l’ordre des Arts et des Let­tres. Fipa d’or de la meilleure musique de film pour Lady Chat­ter­ley, de Pas­cale Fer­ran, César du meilleur film.
  • 2015 : Nom­i­na­tion au César de la meilleure musique pour Bird Peo­ple, de Pas­cale Fer­ran.
  • 2019 : Faite Cheva­lier de l’ordre du Mérite.
Pho­to : ©Livi­aSaal­vat­era.

« J’ai décidé de prendre la tangente et de devenir musicienne »

J’ai une très bonne mémoire.

J’entends encore la voix de ma mère qui chante par-dessus celle de Joan Suther­land Travi­a­ta de Ver­di, avec mon père qui reprend les airs ; je suis une toute petite fille. Ils n’ont pas de très jolies voix mais ils sont heureux et c’est com­mu­ni­catif.

J’entends mon frère aîné chanter Bob Dylan, penché sur son tourne-disque. Mes sœurs et moi on crie avec lui « Here comes a sto­ry of the Hur­ri­cane ».

Je suis égale­ment trans­portée le dimanche à la messe, col­lée à la jupe de ma grand-mère quand l’orgue s’élance à la fin de l’office, qu’on ouvre les portes de l’église en grand, qu’on se presse pour sor­tir et qu’il fait beau !

« Par-dessus tout, c’est le son du piano qui m’émeut »

C’est mon ter­rain de jeu, je com­mence le piano à 6 ans.

C’est une année déci­sive, ma mère a per­du un bébé et on m’envoie chez une tante pen­dant un temps que je déteste, parce que ma mère me manque.
Une de mes cousines a un piano. Débu­tante elle ânonne la Méth­ode Rose (par Ernest Van de Velde)…
C’est inim­itable, la Méth­ode Rose ! c’est un peu le « Lau­rence Pernoud » (et son célèbre J’attends un enfant) des pianistes.

Il y a dans ce grand cahi­er des sché­mas, des exer­ci­ces, des gammes et de toutes petites pièces de musique illus­trées de dessins pas­tels.
Je repère un des morceaux qui s’appelle La pipe de papa.
Le dessin représente un bon père de famille qui fume tran­quille­ment sa pipe, ce qui n’est absol­u­ment pas le cas de mon père.
Mais l’image est forte et je me dis que j’aimerais bien lui jouer ce morceau un jour.
Mon père voy­age tout le temps, je le vois peu, mais je l’aime énor­mé­ment.

Ma grand-mère habite un étage au-dessous de celui de ma tante. Chez elle, je lis la vie des saints et des saintes, des petits livres illus­trés qui abon­dent dans sa bib­lio­thèque.
Être sainte, ce n’est pas facile ; j’essaye un peu pour voir, mais finale­ment mes élans de foi se bor­nent aux grands accords de la messe domini­cale.

Voici un « objet » vrai­ment à part dans le par­cours de Béa­trice Thiri­et… comé­di­enne et com­positrice de la musique !

C’est à ce moment de ma vie, entre l’étage de ma tante et celui de ma grand-mère, que privée de mes deux chers par­ents, j’ai décidé de pren­dre « la tan­gente » et de devenir musi­ci­enne.

Quand je ren­tre chez moi je réclame un piano et mes par­ents dis­ent oui.
Le meu­ble arrive et je n’arrive à rien d’autre qu’à en tir­er des sons plutôt moches.
Puis on me con­fie à un pro­fesseur mag­nifique qui m’ouvre la voie.
Cette femme, Françoise Déhan, a su à mer­veille repér­er mon tal­ent et ma créa­tiv­ité.

Quand je démarre ma vie de com­positrice, j’ai à peu près 7 ans, je com­pose ma pre­mière musique, c’est un cadeau pour ma mère.
Elle a con­servé la par­ti­tion toute sa vie ; elle me l’a ren­due le jour de la créa­tion de mon opéra de cham­bre Nou­velles His­toires d’Elle.
Récem­ment, je l’ai faite encadr­er pour ne pas la per­dre.

Béa­trice Thiri­et. Pho­to : ©Livi­aSaavadera.

J’ai appris à com­pos­er entre Jean Aubain, mon directeur au con­ser­va­toire de Ver­sailles qui m’a aus­si for­mée en analyse musi­cale, et Solange Anconat, com­positrice (décédée en 2019), prix de Rome.
En fait, tous les deux ont déjà vite com­pris que j’étais com­positrice.

Et en réal­ité, on n’apprend pas vrai­ment la com­po­si­tion.
On est com­positrice ou pas et d’autres peu­vent le pressen­tir.
Le jour où j’ai admis que je l’étais, toute ma vie a changé et s’est illu­minée.
C’est comme si j’avais appuyé sur la posi­tion « Marche » de l’interrupteur.

Avec le com­pos­i­teur Raoul Lay. Pho­to : ©Chloe­Javaux.

« Et là tu me vois ? Parce que sinon j’enlève ma cape d’invisibilité ! »  

Le plus com­pliqué, ce n’est pas de per­suad­er les autres que je suis com­positrice ; le plus com­pliqué, c’est d’être con­sid­érée au même titre qu’un col­lègue mas­culin.
Le plus com­pliqué, c’est de voir les com­man­des impor­tantes aller aux hommes ; les com­man­des des radios, des orchestres et des maisons d’opéra.
Si l’on veut instau­r­er une égal­ité homme/femme, il faut que les grands acteurs des com­man­des, y com­pris les mécènes, s’engagent à faire altern­er le masculin/féminin.

Per­son­nelle­ment, j’ai tou­jours voulu gag­n­er ma vie avec ma musique, au moyen de mes droits d’auteur et des com­man­des.
Ça a pris du temps mais ça a marché.
Il faut se bat­tre, con­tre ses peurs, ses angoiss­es, son désar­roi et sa colère.
Peur de ne pas être à la hau­teur.
Angoisse de ne pas y arriv­er.
Désar­roi devant les dif­fi­cultés.
Colère devant l’injustice que peut provo­quer la dom­i­na­tion mas­cu­line et ses dérives.

En jan­vi­er 2020, le min­istre de la Cul­ture, Franck Riester, fait Béa­trice Thiri­et Cheva­lier de l’ordre du Mérite, et la pianiste Rena Shere­shevskaya, Cheva­lier de l’ordre des Arts et des Let­tres. Pho­to : ©MC/DenisAllard.

J’ai rem­placé la peur par l’urgence de faire.
L’angoisse par le lâch­er-prise.
Le désar­roi par l’humour.
La colère par l’engagement.

Un jour, je déje­une avec une femme très sym­pa, chargée par ailleurs de l’égalité femme/homme. Elle me dit dans sa langue de tech­nocrate qu’en tant que femme com­positrice et com­positrice de musique de film – je pré­cise que la musique de film est une des zones d’ombre de la com­po­si­tion con­tem­po­raine –, je l’intéresse parce qu’en fait, je suis qua­si­ment invis­i­ble dans le paysage cul­turel !!

Elle ne se rend pas compte de ce qu’elle me dit, je pense, et mon vis­age doit s’allonger énor­mé­ment.

C’est dans ces moments-là qu’on a besoin d’humour.
Je lui dis : « Et là tu me vois ? Parce que sinon, j’enlève ma cape d’invisibilité ! »

Je ren­tre chez moi sidérée et en même temps con­sciente du chemin excep­tion­nel que j’ai par­cou­ru et je rends grâce à la vie, ain­si qu’à celles et ceux qui m’ont aidée à le par­courir.

Un des dan­gers actuels est de par­ler des com­positri­ces au pluriel !
C’est un piège, il faut que cha­cune de nous s’attache à men­er sa car­rière et à écrire son œuvre. Com­positrice avec un « s », ça lisse tout et ça nous fait dis­paraître, en somme.

Mais ça a aus­si un avan­tage, celui de se con­naître, d’échanger, de partager les infor­ma­tions et d’agir ensem­ble.
Je suis absol­u­ment pour les réseaux pro­fes­sion­nels, les lob­bys et les ren­con­tres fréquentes de femmes de tous les hori­zons.

Je suis une adepte du : « Où sont les femmes ? » parce que déjà si nous nous con­nais­sons nous pou­vons agir ensem­ble.

« Le cinéma m’a beaucoup aidée à me trouver musicalement »

En 1983 j’ai 23 ans, après beau­coup d’expérimentations musi­cales, impro­vi­sa­tions, théâtre musi­cal, groupe fusion, rock’n’roll et jazz, je me pas­sionne pour l’astrologie.

J’ai ren­con­tré une astro­logue qui a vu dans mon thème que j’étais liée au ciné­ma et au théâtre et elle m’a présen­té un réal­isa­teur de court métrage en recherche musi­cale. J’ai sauté sur l’occasion et j’ai écrit sa musique.

J’étais en mal de choix : je voulais com­pos­er, mais quelle était ma voie ?!

Le ciné­ma a répon­du en par­tie à mon ques­tion­nement d’alors et comblé mes goûts éclec­tiques.
Les com­man­des de musiques de films sont arrivées et les ren­con­tres ont été belles.
Dont celle de Pas­cale Fer­ran, évidem­ment, qui me con­fie son pre­mier film [Petits Arrange­ments avec les morts, 1994], à qui je reste fidèle et recon­nais­sante. 

 

Béa­trice Thiri­et avec Pas­cale Fer­ran et Jack­ie Buet au Fes­ti­val Inter­na­tion­al de Films de Femmes de Créteil. Pho­to : ©FIF­FCréteil.

Égale­ment : Dominique Cabr­era, avec qui j’enchaîne bien­tôt un 7ème film, Anne Le Ny, Claire Dev­ers, Brigitte Sy, Jacques Deschamps, Anup Singh, Joël Farges, Jérôme Dia­mant-Berg­er.

Le ciné­ma m’a beau­coup aidée à me trou­ver musi­cale­ment.

« Je cherche un langage direct et simple, sorte de lexie musicale »

Je tra­vaille avec des artistes, des auteurs qui aiment ma per­son­nal­ité musi­cale.
Au début de ma car­rière, j’ai reçu des com­pli­ments sur le fait que j’avais le courage d’être moi-même et de ne pas suc­comber à la ten­ta­tion de l’exercice de style.
Le ciné­ma m’a don­né le courage de com­pos­er et surtout l’obligation de le faire rapi­de­ment.

Et puis j’ai écrit mon pre­mier opéra vers l’âge de 35 ans, je l’ai copro­duit avec le Vingtième Théâtre à Paris [Nou­velles His­toires d’Elle], comme mon ora­to­rio Let­tres d’Algérie, qui a don­né lieu à un court métrage La let­tre de Mourad que j’ai réal­isé pour France 2.

Pro­fondé­ment mélodiste, j’aime spé­ciale­ment Rav­el, Luciano Berio et Mozart.

Pho­to : ©Benoît­Basiri­cot.

J’hésite beau­coup à sac­ri­fi­er à la forme, au style ou à une orches­tra­tion léchée, je cherche un lan­gage direct et sim­ple, sorte de lex­ie musi­cale…
Ma musique doit inter­peller, impacter.
L’improvisation fait par­tie de mon tra­vail, j’aime impro­vis­er et faire impro­vis­er les autres.
Je ne conçois pas d’être séparée du jeu et du piano.

« Si une chose peut me faire avancer, c’est la lecture et l’analyse musicale »

Une de mes com­po­si­tions préférées s’appelle Vogel Star. C’est une mélodie pour chœur et orchestre que j’ai com­posée sur un poème de Wolf­gang Amadeus Mozart.
Mozart avait un oiseau qu’il aimait beau­coup. À sa mort il lui a écrit un poème. Un peu comme font les enfants, quand ils enter­rent un ham­ster en grande pompe !

Le Fes­ti­val inter­na­tion­al du film de Ban­ja Luka, en Ser­bie, m’a com­mandé de le met­tre en musique, je l’ai fait avec joie.

Comme j’écrivais en même temps la musique de Lady Chat­ter­ley, Pas­cale Fer­ran m’a pro­posé d’ajouter Vogel Star à la bande orig­i­nale du film.

Extrait de Vogel Star, mélodie pour chœur et orchestre, sur un poème de Mozart. Pho­to : ©Béa­triceThiri­et.

Voici ma tra­duc­tion du poème de Mozart ; le texte est drôle et léger, mais évidem­ment dans ma musique, c’est chan­té en alle­mand.

Ci‑gît un ten­dre petit fou !
Un san­son­net
Dans son enfance, il a con­nu
Le deuil et sa douleur
Mon cœur saigne
Quand j’y pense
Cher lecteur, toi aus­si
Verse une petite larme pour lui

Il n’était pas méchant,
Par­fois un peu trop bruyant sans doute,
Un peu espiègle et vilain
Mais jamais totale­ment gredin

Pen­dant que je le loue
Il est déjà au ciel
Et me remer­cie déjà
De ces vers ami­caux totale­ment gra­tu­its
Car il est par­ti à l’improviste
Et si vite
Qu’il n’a pas une seule pen­sée
Pour celui qui par ses rimes a su l’accom­pa­g­n­er 

Je l’ai enreg­istrée à Prague, à Noël.
Cette musique n’a jamais été jouée en France, mais je ne dés­espère pas !

Pho­to : ©Béa­triceThiri­et.

Un jour j’ai pris con­science que je n’avais pas de mod­èle féminin, que je con­nais­sais très mal la vie et l’œuvre des com­positri­ces dans l’histoire. On ne m’avait jamais enseigné cela.
Alors j’ai cher­ché et j’ai trou­vé ces femmes et leur œuvre.
J’ai fait un col­lage avec des por­traits de com­positri­ces depuis l’Antiquité jusqu’au 21e siè­cle et j’ai posé ma pho­to en bas à gauche du tableau.
J’avais envie de pleur­er, j’ai fon­cé chez Frédéric Olivennes, alors patron de Radio Clas­sique.
Je lui ai dit : « Je voudrais faire une émis­sion sur les com­positri­ces. » Et il a répon­du : « C’est génial ! »
Ça s’appelait Femmes de Musique.

Si une chose peut me faire avancer, c’est la lec­ture et l’analyse musi­cale.

« C’est grâce à Frédéric Lodéon que j’ai rencontré Pascale Ferran »

Au café Les Ondes [Paris 16ème], on lisait avec Frédéric Lodéon une par­ti­tion d’orchestre, une sym­phonie de Schu­bert qu’il allait diriger.
Je l’ai com­men­tée, il m’a appelée un peu plus tard dans le cadre de son émis­sion Le pavé dans la mare (sur France Musique).
Pen­dant 6 ans j’ai fait par­tie de ses invités. C’était génial !
Il m’a dit : « C’est vrai­ment impor­tant que tu donnes ton point de vue de com­positrice et tu es forte en analyse musi­cale ! »

C’est grâce à Frédéric Lodéon que j’ai ren­con­tré Pas­cale Fer­ran. Il m’avait invitée à son émis­sion Car­refour de Lodéon (France Musique). C’est comme ça qu’elle a décou­vert ma musique.

J’ai donc con­tin­ué à pra­ti­quer l’analyse musi­cale que Jean Aubain m’avait enseignée.

Mes­sage de Frédéric Lodéon !
Pho­to : ©Cécile­Bon­net­de­Claus­tre.

J’ai ren­con­tré Béa­trice Thiri­et par la musique. La Mai­son de la Radio a été notre point de ral­liement. Invitée pour la pre­mière fois à mon émis­sion Car­refour de Lodéon, elle m’a beau­coup touché par la finesse de son esprit, sa con­nais­sance des êtres, sa cul­ture très éten­due en de mul­ti­ples domaines, et bien sûr par sa musi­cal­ité appuyée sur des con­nais­sances tech­niques indis­cuta­bles. 

Ce jour-là, la réal­isatrice Pas­cale Fer­ran nous écoutait dans sa voiture. Elle a eu un coup de cœur pour la musique de cette com­positrice qu’elle ne con­nais­sait pas. Leur com­plic­ité artis­tique a été immé­di­ate et fructueuse. 

Que la radio puisse créer de tels liens dans la vie réelle des artistes, c’était pour moi un événe­ment inat­ten­du et grat­i­fi­ant. Dans mon esprit, Béa­trice est dev­enue la mas­cotte du Car­refour.

Lorsqu’en 2000, Pierre Bouteiller, alors directeur de France Musique, m’a demandé d’animer une émis­sion de cri­tique de dis­ques,
Le pavé dans la mare, j’ai tout de suite appelé Béa­trice. Son sens aigu de l’analyse et sa manière d’aller droit au but avec une lib­erté d’esprit viv­i­fi­ante ont fait la joie des audi­teurs pas­sion­nés. 
Depuis, Béa­trice Thiri­et pour­suit avec bon­heur sa car­rière de com­positrice de musique de film, de musique instru­men­tale et d’opéra. Elle défend aus­si les droits des créa­teurs à tra­vers les insti­tu­tions, et veille à l’épanouissement de ses qua­tre filles, avec amour et fierté. 
Bra­vo, chère Béa­trice, je te souhaite encore et tou­jours beau­coup d’affection et de suc­cès.

« Jean Grémillon me donne envie de réaliser un film »

J’ai par­ticipé à une très belle édi­tion col­lec­tive sur Jean Grémil­lon, sor­tie en 2019 aux Press­es Uni­ver­si­taires du Septen­tri­on, après un col­loque organ­isé à Cerisy : Jean Grémil­lon et les qua­tre Élé­ments.

J’ai notam­ment relevé pour ce livre la par­ti­tion qu’il a com­posée, il était aus­si musi­cien, pour son dernier doc­u­men­taire : André Mas­son et les Qua­tre Élé­ments (1959).

J’ai retrou­vé pour mon arti­cle toutes ses notes de réal­isa­teur et ses par­ti­tions de com­pos­i­teur qui étaient con­servées à la BnF, j’ai per­cé le secret de son inspi­ra­tion pour ce film.
Je vous laisse le décou­vrir si vous avez l’occasion de lire ce texte.
Il a par exem­ple écrit le découpage de son film sur du papi­er à musique !

Jean Grémil­lon me donne envie de réalis­er un film. J’ai pour l’instant deux courts métrages à mon act­if, je pré­pare un long.

« J’enseigne à l’École normale de musique de Paris »

J’y dirige la classe de musique à l’image, je suis très heureuse d’enseigner.

Avec mes élèves de l’École nor­male de musique de Paris. Pho­to : ©Béa­triceThiri­et.

En ce moment je ter­mine Street Tree 18, une com­mande de l’Orchestre de Flûtes Français.
Un quatuor pour flûtes.

Street Tree 18. Dernières cor­rec­tions… avant créa­tion post-con­fine­ment. Pho­to : ©Béa­triceThiri­et.

Je suis pro­fondé­ment européenne, je crois en l’Europe de la cul­ture.

Con­fine­ment oblige : enseigne­ment à dis­tance avec mon élève, la jeune com­positrice Ayu­mi Omori. Pho­to : ©Béa­triceThiri­et.

J’ai qua­tre filles : Emma, Chloé, Adèle et Tes­sa. Elles sont artistes et fémin­istes !
Actuelle­ment, Chloé (Riv­iera) et moi « con­fi­nons » ensem­ble, et j’aimerais con­clure en atti­rant joli­ment l’attention des lecteurs sur son tra­vail, dont un aperçu est ici : sur Insta­gram.


Pour écouter les œuvres de Béa­trice Thiri­et  

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Commentaire(s)

  1. Bra­vo Madame !!! Comme les anges, la musique n’a pas de sexe, elle est un fil d’or de la spir­i­tu­al­ité, le “véhicule” de l’âme. Ecouter une oeu­vre musi­cale c’est entr­er en médi­ta­tion et se préserv­er des affres de ce monde douloureux. Longtemps, ado­les­cent, j’avais besoin de la musique pour écrire. L’une ne pou­vant avancer sans l’autre. Avec l’âge, la musique du silence m’ac­com­pa­gne davan­tage durant l’écri­t­ure. En revanche, j’aime m’isol­er avec elle, aujour­d’hui, pour me con­sacr­er entière­ment à tout ce qu’elle dégage, en lui accor­dant mon plus grand respect, qu’elle soit jouée par une femme ou un homme, qu’im­porte. La magie est cette fusion entre l’être et les notes qui habil­lent l’e­space. Un homme sans la musique, c’est comme une forêt meur­trie sans ses arbres.

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