de martine roffinella

Isabelle Triaureau, nouvelle invitée de la rubrique solidaire : « Les ami·e·s publient ! »

Isabelle Triaureau, nouvelle invitée de la rubrique solidaire : « Les ami·e·s publient ! »

©MartineRoffinella

Inauguré récemment sur mon blog pour permettre aux auteur·e·s de présenter leur travail en ces temps difficiles (crise sanitaire oblige), ce nouvel espace solidaire est dédié aux parutions des ami·e·s.
Aujourd’hui, Isabelle Triaureau pour : Amours et déchirures.

Qui est Isabelle Triaureau ?

Pho­to : ©Cas­san­dra­Cos­son-Tri­au­reau.

Née en 1962, Isabelle Tri­au­reau a fait des études de Droit ter­minées par un DEA et un diplôme de Crim­i­nolo­gie, pour ensuite se des­tin­er à la recherche. Elle se con­sacre à présent unique­ment à l’écriture de poèmes et de romans.

Présentation de Amours et déchirures

Une invi­ta­tion à se laiss­er porter par le va-et-vient inces­sant entre l’amour, la pas­sion et ses déchirures, nous résume la 4e de cou­ver­ture. Mais nous en apprenons bien davan­tage, sans voyeurisme pour­tant, en lisant ci-après ce que l’auteure révèle sur sa démarche et le cœur même de son acte d’écrire.

Les ros­es de la vil­la Blan­qui. Pho­to : ©Isabel­le­Tri­au­reau.

Ce qu’en dit l’auteure : Isabelle Triaureau

Pho­to : ©Cas­san­dra­Cos­son-Tri­au­reau.

J’ai en tête un tout pre­mier sou­venir d’enfance.
Seule dans ma cham­bre, je par­lais à un pub­lic imag­i­naire et me présen­tais ain­si : « Je m’appelle Isabelle Tri­au­reau, je suis écrivain et je vais vous racon­ter mes belles his­toires. » J’étais alors écrivain sans écrire et surtout sans savoir écrire… Gauchère et forte­ment dyslex­ique, je refu­sais de débuter une phrase de gauche à droite et de lire un seul mot. Mais j’étais écrivain, je le savais…

Mon pas­sage à l’école pri­maire, je l’ai vécu comme un cauchemar affreux. Après des années de réé­d­u­ca­tion, je suis arrivée en six­ième à douze ans, mais je n’avais pas encore ouvert un seul livre. Ma pre­mière pro­fesseure de Français m’a mise au défi de lire au moins quelques ouvrages de sa longue liste don­née en début d’année sco­laire. Il n’en a pas fal­lu davan­tage pour déclencher chez moi une envie de relever ce chal­lenge. Non seule­ment j’ai lu tous les livres fig­u­rant sur cette liste de deux pages, mais j’ai demandé d’autres titres sup­plé­men­taires. À ma plus grande sur­prise, j’ai tout dévoré avec une avid­ité immense, et forte de cette décou­verte, je me suis mise tout naturelle­ment à écrire (pour de vrai !) avec une pas­sion gran­dis­sante. Ain­si, la lec­ture et l’écriture ne m’ont plus jamais quit­tée depuis.

Mon instru­ment d’écriture de tou­jours. Pho­to : ©Isabel­le­Tri­au­reau.

Après un bac­calau­réat lit­téraire et pen­dant les études de Droit citées plus haut, j’ai con­tin­ué à écrire ; une néces­sité vécue comme telle après bien des années dif­fi­ciles. Ensuite, j’ai endossé le rôle de maman durant plus de vingt ans, écrivant tou­jours mais de façon plus con­fi­den­tielle. Il y a trois ans, j’ai repris des études pour devenir Graphothérapeute et lut­ter ain­si con­tre la dys­gra­phie : une belle revanche sur mon enfance trau­ma­tisée par la plume et les mots.

En 2015 est enfin arrivé le moment de mes pre­mières paru­tions (en auto-édi­tion) : une nou­velle (Jadis, j’étais Made­moi­selle Say…), un recueil de poèmes (Mes Mots), un réc­it (Ren­dez-vous au Fumoir), un recueil de Haïkus (Haïkus autour de Rain­er Maria Rilke) et un court texte sur la péri­ode vécue au print­emps dernier (Mon Con­fine­ment).

Par­al­lèle­ment, j’avais envoyé les textes d’Amours et déchirures aux édi­tions Le Lys Bleu juste avant le con­fine­ment, et j’ai reçu le con­trat d’édition durant cet épisode inédit. Une belle sur­prise qui a embel­li ma soli­tude de con­finée avec moi-même.

Amours et déchirures est un recueil de poésie com­posé de quar­ante-qua­tre poèmes écrits entre févri­er 2018 et févri­er 2020. Il débute avec pour épigraphe qua­tre vers de La Quête, de Jacques Brel.

« Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Ten­ter, sans force et sans armure
D’at­tein­dre l’inaccessible étoile »

Ain­si le ton est donné…

Dessin à l’encre de San­drine Wely.

Ce recueil est une invi­ta­tion à se laiss­er porter par le va-et-vient inces­sant entre l’amour, la pas­sion et ses pro­fondes déchirures. Il com­mence par des mots de promesse d’amour éter­nel, puis s’égrènent douze alexan­drins sur les aveux et la blessure des mots. Mais l’amour revient en force avant une autre tem­pête, et ain­si de suite, jusqu’au dernier poème plein d’espoir et de ques­tion­nement. Je voulais con­stru­ire cet ensem­ble comme un cycle de vie.

L’œuvre en cou­ver­ture a été créée tout spé­ciale­ment pour ces textes par San­drine Wely, artiste-pein­tre et pro­fesseure de dessin diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris. Cette pein­ture a été réal­isée dans l’urgence, à dis­tance et durant le con­fine­ment. San­drine m’a d’abord offert un mer­veilleux dessin à l’encre, que je n’ai toute­fois pas retenu. Elle m’a ensuite pro­posé une mag­nifique huile sur papi­er, mais cette fois c’est Le Lys Bleu qui l’a refusée, à mon grand regret d’ailleurs.

Huile sur papi­er de San­drine Wely.

Et enfin, San­drine a réal­isé l’exploit de con­cevoir pour moi une nou­velle huile sur papi­er « en direct », par télé­phone. Je suiv­ais l’évolution de l’œuvre en image sur mon portable, ce fut mag­ique et exal­tant. J’ai vécu un moment émo­tion­nelle­ment très fort en par­tic­i­pant de manière active à cette nais­sance. J’en prof­ite pour la remerci­er ici chaleureuse­ment pour sa créa­tiv­ité infinie, sa réac­tiv­ité et son impli­ca­tion dans ce beau projet.

Huile sur papi­er de San­drine Wely (détail).

Cette huile sur papi­er illus­tre mer­veilleuse­ment le lien ténu mais intense et fort entre ce sen­ti­ment pro­fond d’attachement et cette grande douleur morale causée par la séparation.

Ces deux belles sil­hou­ettes orangées sont-elles face à face ? Vont-elles s’enlacer ou se sépar­er ? Nous ne le savons pas, mais ce que nous voyons comme une évi­dence, c’est le fil qui les unit et les uni­ra pour tou­jours. C’est flou, c’est du mou­ve­ment, c’est beau…

Après avoir écrit, en 2017, le recueil Mes Mots, for­mé de soix­ante-deux poèmes en seize vers libres, j’ai ressen­ti forte­ment le besoin d’entendre la rime et la chan­son des mots. Le rythme et la res­pi­ra­tion de mes textes devaient chang­er, c’était une néces­sité. Les alexan­drins se sont imposés naturelle­ment. Revenir au clas­sique et se laiss­er guider : tel était mon nou­veau défi. Je me suis mise en disponi­bil­ité, j’ai ouvert mon cœur et lais­sé par­ler mes sen­sa­tions en vers rimés.

Ma Sim­ba qui sait tout de moi ! Pho­to : ©Isabel­le­Tri­au­reau.

Sou­vent les pre­miers mots arrivent en ful­gu­rance, s’imposent et font naître le pre­mier vers. Il s’annonce comme une évi­dence et m’invite à pour­suiv­re ; les autres suiv­ent avec plus ou moins de facil­ité. Ces mots, ces vers sub­li­ment les sen­ti­ments ressen­tis, les images du cœur. La rime crée la musique en inflex­ions tan­tôt douces et sen­suelles, tan­tôt graves et som­bres. Les Amours sont bon­heurs, joies, fris­sons, trou­bles, bais­ers, caress­es… Les Déchirures sont décep­tions, trahisons, aveux douloureux, espoirs déçus…

Mon Loop­ing tou­jours près de moi quand j’écris ! Pho­to : ©Isabel­le­Tri­au­reau.

Aujourd’hui, ayant l’objet livre en main, avec cette dis­tan­ci­a­tion qu’apporte le pro­duit fini, je prends con­science que ce recueil est celui de l’Amour tout court… Il a fixé des points d’encrage sur le papi­er et for­mé des points d’ancrage en mon cœur pour ne rien oubli­er ; mais surtout, les Déchirures sont à présent cica­trisées, comblées par de l’Amour uni­versel. « L’important c’est d’aimer » : ces mots ne sont pas de moi, mais je les revendique ici. Il faut con­tin­uer d’aimer mal­gré les déchirures, voilà ce que m’a appris ce recueil.

Amours et déchirures, par Isabelle Triaureau, aux éditions Le Lys Bleu, 11,50 euros.
Pour vous procurer l’ouvrage :

Fnac : https://bit.ly/3gqJWme

Chapitre.com : https://bit.ly/3aU4a6v

Cul­tura : https://bit.ly/3ldDLp7

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Édi­tions Le Lys Bleu

Pour contacter l’auteure Isabelle Triaureau :

Cour­riel : Isabelletriaureau(arobase)gmail.com
Face­book : @isacotri
Twit­ter : @IsabelleCossonT
LinkedIn : Isabelle Triaureau
Insta­gram : Isabelle Tri­au­reau

 

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Commentaire(s)

  1. Tant de douceur, de con­fi­dences intimes, sont autant de zones sen­si­bles, le ter­reau de tout ce qui devrait, à la base, être offert à son prochain, sous le signe de l’amour, des amours. Uni­versel, incon­di­tion­nel, char­nel, secret. Isabelle Tri­au­reau sem­ble avoir pu préserv­er ces pépites qui ani­ment sa rai­son de vivre. Cela nous réc­on­cilie avec l’hu­main, aujour­d’hui si sou­vent replié sur lui-même.
    Je reste égale­ment trou­blé par les huiles sur papi­er de San­drine Wely, surtout la bleue ! Elles m’évo­quent le tra­vail choré­gra­phie de mon amie Car­olyn Carl­son, les mou­ve­ments, la flu­id­ité, le vête­ment comme une caresse sur la peau, la quête de l’autre dans l’e­space… Et je pense aus­si aux toiles de Charle-Louis Lasalle. Mer­ci à Isabelle et Mar­tine, pour cette fenêtre ouverte sur ce “Bel aujour­d’hui”, écrivait en titre d’un ouvrage, Jacques Lacarrière !

    1. Voilà, mon unique “Quête” aujour­d’hui est et sera tou­jours cet Amour Uni­versel et incon­di­tion­nel… Elle est, comme vous le dites si bien, ma “rai­son de vivre”. Mer­ci de saluer le tra­vail de San­drine Wely qui témoigne encore et tou­jours d’une extrême sen­si­bil­ité. Et mer­ci pour ce déli­cat com­men­taire qui me touche profondément…

  2. Touchant por­trait plein de sen­si­bil­ité, « d’amours et de déchirures. »
    Se saisir de l’art pour sub­limer ce qui effraie. Con­quérir les ter­res de la sen­si­bil­ité pour y inscrire quelque chose de doux et de vif à la fois. De la vie, de la poésie.
    « Il faut con­tin­uer d’aimer mal­gré les déchirures », c’est ma plus grande certitude.
    Mer­ci à vous !

  3. Bon­jour. Mer­ci Mar­tine pour la présen­ta­tion de cette écrivaine qui me sem­ble si inspirée. La nou­velle sur Made­moi­selle Say m’in­trigue… Con­cerne-t-elle Camille Claudel ? Je vous explique, Auguste Rodin appelait Camille, Made­moi­selle Say (pour la sonorité du C de Camille et prob­a­ble­ment aus­si parce qu’à l’époque où Camille en était à ses débuts dans l’ate­lier de Rodin, elle ten­tait aus­si d’ap­pren­dre l’anglais, grâce à la présence de deux amies sculp­tri­ces orig­i­naires d’Angleterre).

  4. Mer­ci infin­i­ment Vanes­sa pour ce joli commentaire…
    Ma poésie, sans pré­ten­tion aucune, s’im­pose comme une néces­sité, elle vit en moi, par­court son chemin et elle sur­git en lais­sant une empreinte indélé­bile en moi et sur le papi­er enfin… Les mots sont par­fois ten­dres, par­fois douloureux, comme la vie…
    Ain­si, je suis heureuse que nous parta­gions cette incon­testable Certitude…

    1. En effet, cette courte nou­velle illus­tre les toutes dernières heures de Camille Claudel à Montdevergues…
      Il est très très rare que l’on fasse le lien entre Made­moi­selle Say et Camille… vous me faites une très belle sur­prise en me posant cette question…MERCI…

      1. À titre d’in­for­ma­tion, j’ai écrit un recueil de poésie biographique ”Camille Claudel, la valse des gestes” et un autre ”Auguste Rodin, la vie à pleines mains”. Donc, je con­nais bien leur par­cours per­son­nel et com­mun. Pour celui sur Camille, j’ai lu trois fois sa cor­re­spon­dance pub­liée chez Gallimard.

  5. Bon­soir Denis,
    Je viens d’écouter un extrait de Votre «Camille Claudel, la valse des gestes» et juste­ment Rodin dit «Made­moi­selle Say pour Camille. Ain­si il débu­tait ses mis­sives… » je suis assez curieuse d’écouter la suite et de vous lire…
    J’ai beau­coup lu sur elle aus­si et je com­prends par­faite­ment la pas­sion qui vous anime…je la partage entièrement…

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