de martine roffinella

Le psychanalyste et auteur Philippe Bouret « rejoint l’ombre pour encrer les bords du vide et mettre le navire à l’ancre »

Le psychanalyste et auteur Philippe Bouret « rejoint l’ombre pour encrer les bords du vide et mettre le navire à l’ancre »

©MartineRoffinella

Grâce à « Ligne de fond », entretiens ébouriffants avec le poète Werner Lambersy, et « Escapade », conversation choc avec l’écrivaine Louise L. Lambrichs, Philippe Bouret nous convoque à l’art vivifiant de la curiosité engagée.

Philippe Bouret, ren­con­tré au gré des heureuses sur­pris­es que peu­vent offrir les réseaux soci­aux, m’a tout de suite éton­née par sa capac­ité à lire le monde sans le moin­dre a pri­ori, en con­ser­vant intacte une cer­taine capac­ité à la révolte et à l’émerveillement conjugués.

Dans les deux ouvrages qu’il me fait l’honneur de présen­ter ici, il détaille au fond sa façon de percevoir un livre – dans sa déf­i­ni­tion uni­verselle s’il en est : « Le livre : trac­er un infime fil­a­ment d’une let­tre à l’encre noire comme ultime parade à la dic­tature. Je fais le pari de la beauté, quand l’amour se resserre sur la let­tre du poète et sur le silence du psychanalyste. »

Ligne de fond inau­gure une nou­velle col­lec­tion des Édi­tions La rumeur libre. Pour­riez-vous nous en expli­quer la genèse ?

Andrea Iacovel­la – qui a fondé les Édi­tions La rumeur libre avec son épouse Dominique – m’a en effet pro­posé de créer une nou­velle col­lec­tion : « Le psy­ch­an­a­lyste dans la cité ».
Ligne de fond en est le pre­mier vol­ume, pro­duit de qua­tre années de dia­logues avec le grand poète Wern­er Lambersy.
Qu’est-ce que l’écriture ? Ce pour­rait être la ques­tion qui fonde cette collection.
Qu’est-ce qu’un sujet qui écrit, en quoi l’écriture pour cer­tains vient fonder leur exis­tence, presque leur « être au monde » ?
Il faut donc aller à la ren­con­tre de celles et ceux qui ne font que ça : écrire – « Bon qu’à ça », dis­ait Beckett.
Dans le cas pré­cis de ce livre, mes pas m’ont guidé à Wern­er Lambersy.
L’ouvrage vient dire la parole échangée, dans l’entretien, dans le dia­logue, ou dans la con­ver­sa­tion. Il vient dire les sur­pris­es de la langue et les trou­vailles. Il vient dire qu’un savoir s’élabore et qu’un autre savoir insu jaillit.

©Philippe­Bouret.

Le livre est une livre de chair, il demande du corps. Il naît à ce point ultime de la parole où advient le silence, comme pro­duit. Quand le poète, ou l’écrivain, ou le pein­tre, ou le cinéaste se tait, le psy­ch­an­a­lyste rejoint alors l’ombre pour encr­er les bor­ds du vide et met­tre le navire à l’ancre, c’est ça mon tra­vail d’écriture.
Il y a à ce moment-là, je peux en témoign­er, un « C’est là, nous y sommes ».
Alors il faut se met­tre à la table de tra­vail pour à son tour écrire la parole de celui qui écrit et la faire passer.

©Philippe­Bouret.

C’est tou­jours déli­cat, un pre­mier vol­ume de col­lec­tion, ça donne le La en quelque sorte, ça dia­pa­sonne la langue en prenant appui sur la voix.
Quel son va enten­dre le lecteur ?
Voilà qui demeure pour l’instant une énigme, car si le psy­ch­an­a­lyste donne de la voix dans la cité, il est bien loin de savoir com­ment sa parole sera reçue ; ce n’est que dans l’après-coup que ça appa­raît, même avec un cap, on ne fait pas l’économie d’une nav­i­ga­tion à l’estime.
C’est ce qu’on appelle la clin­ique, peut-être, là où l’acte se fonde de la parole au un-par-un et par­fois dans la hâte.

Et puis il y a ces indi­ca­tions de Freud, dès 1907, qui sont pré­cieuses et ont creusé en moi leur sil­lon lorsqu’il m’a fal­lu réfléchir, avec Andrea Iacovel­la, à la créa­tion de cette col­lec­tion : « Les poètes et romanciers sont de pré­cieux alliés. Ils sont dans la con­nais­sance de l’âme, nos maîtres à tous, hommes vul­gaires, car ils s’abreuvent à des sources que nous n’avons pas encore ren­dues acces­si­bles à la science. »

Com­ment avez-vous ren­con­tré Wern­er Lambersy ?

C’est en mars 2016 que j’ai eu la chance de crois­er la route de Wern­er Lam­ber­sy et je me sou­viens par­faite­ment de l’instant où j’ai aperçu ce grand bon­homme, en chemise de bûcheron, qui m’attendait au milieu d’une petite rue.
Chevelure blanche, barbe de patri­arche, plan­té fer­me­ment sur ses deux jambes et dans le regard cette mal­ice rieuse à nulle autre pareille que je retrou­verai à cha­cune de nos ren­con­tres. C’était à Brive, dans la petite rue Far­ro, à la hau­teur de ce qui est devenu main­tenant une librairie que je fréquente : La baig­noire d’Archimède.
Wern­er, qui habite Paris, était briv­iste pour un mois, en rési­dence d’écrivain.
Il était accueil­li par la ville de Brive, suite au Grand Prix de l’Académie Mal­lar­mé qui lui avait été remis l’année précé­dente, pen­dant la Foire du livre, par celui qui devait devenir mon ami Sylvestre Clanci­er, Prési­dent de cette Académie.
Lau­réat pour son recueil La perte du temps (éd. Le Cas­tor Astral), il séjour­nait dans une petite et agréable mai­son qui accueille les écrivains en résidence.

©Philippe­Bouret.

Cette pre­mière ren­con­tre s’est fondée sur un sup­posé savoir.
Je sup­pose l’artiste-savoir.
Dès les pre­miers échanges, je savais que, s’il y con­sen­tait, nous n’allions pas en rester là.
Je ren­con­trai ce jour-là non seule­ment un homme hors du com­mun, un corps par­lant, por­teur d’un dis­cours qui venait cueil­lir ma curiosité infan­tile de savoir, d’en savoir davan­tage, mais aus­si celui qui allait devenir un ami.
J’ai immé­di­ate­ment su qu’avec Wern­er Lam­ber­sy, quelque chose de cet ordre était en route, toutes voiles dehors.
Il avait apporté deux ou trois de ses livres qu’il m’a offerts, avec des com­men­taires qu’il dépli­ait sur cha­cun. Mots sim­ples et fougue incroyable.

À par­tir de là, je me suis mis à le lire régulière­ment, à voix haute et à voix basse, pour appren­dre la langue de l’autre, dans toutes les sit­u­a­tions de la vie – au café, à mon bureau, le soir dans un fau­teuil, sur le coin d’un zinc, dans une rame de métro, dans les salles d’attente, même en marchant – car j’avais ren­con­tré ce jour de mars 2016 un poète de la vie quotidienne.

©Philippe­Bouret.

Nous avons décidé de nous revoir régulière­ment, que ce soit à Paris – dans des lieux divers et var­iés y com­pris dans son « scrip­to­ri­um », à Brive ou à Bran­tôme lors d’un séjour chez un de ses amis écrivains.
Nos longues con­ver­sa­tions sont dev­enues incon­tourn­ables et un jour il me lance cette phrase : « Com­ment savoir qui par­le de moi quand je par­le et que tu m’écoutes ? »
S’ensuit un long silence.

Je crois que c’est à par­tir de là que j’ai com­pris la force de ce qui me pous­sait non seule­ment à le ren­con­tr­er régulière­ment, mais moi-même à écrire ces longs dia­logues qui allaient devenir – mais je ne le savais pas encore – un livre : Ligne de fond. 

Pour­riez-vous nous en dire plus sur celui qui écrit tou­jours « dans la mai­son des morts » ?

J’ai ren­con­tré un sujet par­lant et d’emblée, sa parole a sus­cité toute ma curiosité – parole que sup­porte une voix – voix qui résonne dans un corps, corps dont la présence appelle l’écoute. Wern­er Lam­ber­sy m’a fait enten­dre, lors de notre pre­mier con­tact et à tra­vers sa langue, la voix d’un corps souf­frant dès la naissance.
Il le dit dans Ligne de fond et ces paroles fondent son écri­t­ure, le lecteur le décou­vri­ra au fil des pages, puisque je l’invite à nous accom­pa­g­n­er du réel du corps au réel de l’écriture.

La langue vivante et sonore du poète a su creuser le lieu où a pu se loger mon désir de savoir. Donc langue unique qui con­serve sa part d’énigme et ne se soumet­tra jamais à une quel­conque déf­i­ni­tion, puisqu’elle ne cesse de s’échapper au moment même où on croirait en saisir un trait. Le poète est tou­jours là où on ne l’attend pas et quand on l’attend, il est déjà ailleurs, inatteignable.

La langue par­lée de Wern­er Lam­ber­sy est un en-creux dans lequel son inter­locu­teur n’a de cesse de trébuch­er. Il est un magi­cien de la langue, un pres­tidig­i­ta­teur, il vous prou­ve par a+b que les mots mentent : « Nous n’avons pas besoin de men­tir, les mots le font pour nous », dit-il, et pour­tant il vous embarque.
Par ses tours de passe-passe il creuse sous vos pieds le sil­lon du malen­ten­du fon­da­men­tal et sourit quand vous vous tordez la cheville entre deux mots car lui, il sait ce que c’est que de « se cass­er la gueule ».
Il cite Borges : « Écrire, c’est tou­jours mentir. »

Et puis il y a Lam­ber­sy qui écrit et là, nous pas­sons dans un autre registre.
« Mon fonds de com­merce, c’est cette mélan­col­ie que l’on trou­ve dans mes textes, ce soleil noir. »

Certes on retrou­ve aus­si dans l’écriture des « tris­tiques » – ces poèmes de trois vers qui le car­ac­térisent sou­vent – l’humour, l’ironie, et avec eux une lucid­ité ray­on­nante sur le monde et sur l’humanité, ray­on­nement d’un « soleil noir »…

Dans sa forme, l’écriture est ramassée, ser­rée, ficelée autour d’un réel que l’artiste tente de bor­der, gouf­fre qui n’a de cesse de s’ouvrir et que la let­tre fau­file, comme l’aiguille de la cou­turière, pour en lim­iter les bords.
« Écrire demeure donc tran­scrire et obéir à quelque chose qui cherche sa place dans l’écriture. »
« La poésie, c’est tou­jours le poète, mais le poète… avant. »

Wern­er Lam­ber­sy écrit tou­jours « dans la mai­son des morts » et là, bien pré­ten­tieux seraient les uni­ver­si­taires qui voudraient en percer le mystère.
Lam­ber­sy se lit sans pourquoi, il se lit et son écri­t­ure demande au lecteur un engage­ment du corps sans savoir et à sa mesure.
« Beau­coup écrire est mon mal­heur le plus heureux » dit-il, et plus loin il me con­fie : « Jamais le poème n’a per­du de vue le réel, car l’inexprimable est ce qui nous fonde. »

Est-ce à sup­pos­er qu’écrire de la poésie serait assim­i­l­able à une psychanalyse ? 

Non, nous avons affaire à deux champs dif­férents, mais qui s’enseignent mutuellement.
Le psy­ch­an­a­lyste fait usage de la poésie dans la mesure où cette dernière entame les idées reçues, l’ordre établi, et bous­cule le « ça va de soi ».

Le poète nous apprend com­ment la sim­ple tor­sion d’un mot peut ouvrir un hori­zon nou­veau, com­ment le lap­sus peut être élevé à la dig­nité d’une rec­ti­fi­ca­tion sub­jec­tive, com­ment la langue qui fourche vient piquer au vif, vient touch­er « motérielle­ment » le corps et révèle par­fois au sujet un pan entier de savoir insu, com­ment le rêve est tou­jours la voie royale vers l’inconscient.
Pour cela il faut un autre auquel le sujet s’adresse.

En ce sens le psy­ch­an­a­lyste doit faire effort de poésie pour que le sujet ne soit pas absorbé et ravalé par le dis­cours ambiant, sci­en­tiste et effrayant, surtout dans le monde actuel du chiffrage, des pro­to­coles cog­ni­ti­vo-com­porte­men­tal­istes qui voudraient réduire le lan­gage à une struc­ture non trouée, par­faite­ment lisse, chiffrable, pro­gram­ma­ble et de fait pro­fondé­ment dan­gereuse et liberticide.

Ce livre s’adresse donc aus­si bien aux psy­ch­an­a­lystes qu’aux amoureux de poésie et de lit­téra­ture, qu’à l’opinion et à chaque-un et chaque-une qui veut savoir.

Ligne de fond, c’est l’histoire d’un grand poète, de son lien à l’écriture et d’une ren­con­tre qui inter­roge le statut du lan­gage et de la lettre.

« Me lire dans ton texte  “revis­ité”, m’a con­fié Wern­er Lam­ber­sy, me paraît donc enten­dre par­ler un autre, écouter mon “autre” histoire. »

Autre ren­con­tre essen­tielle : celle avec Louise L. Lam­brichs. Pour­riez-vous nous expli­quer le par­cours qui vous a con­duit jusqu’à elle ?

La ren­con­tre avec Louise L. Lam­brichs est avant tout pour moi une découverte.
Il y a la roman­cière, l’essayiste, et il y a l’œuvre.

Ce qui m’a arrêté, dès le début, c’est ce qu’elle m’a dit de son tra­vail de presque vingt ans sur le con­flit en ex-Yougoslavie et sur cette façon sin­gulière dont il fut traité par l’Europe, le Tri­bunal Pénal Inter­na­tion­al et la France.
Elle m’a expliqué, dès notre pre­mière ren­con­tre en 2013, com­ment elle a mis au jour les mécan­ismes freu­di­ens du déni et de la répéti­tion mor­tifère : déni de géno­cide, déni de jus­tice et répéti­tion génocidaire.
Des sig­nifi­ants de la psy­ch­analyse sous la plume d’une Femme de Lettres.
Par la porte qu’elle a bien voulu, dans un pre­mier temps, entrou­vrir pour moi, j’ai pu apercevoir com­ment elle a élevé ces symp­tômes à la dig­nité d’une démon­stra­tion his­torique par l’usage pré­cis et rigoureux qu’elle a fait des apports de la clin­ique analytique.

Par la suite, j’ai décou­vert com­ment elle a été con­duite à inven­ter un néol­o­gisme, l’avération, pour désign­er un con­cept nou­veau dont elle déplie les artic­u­la­tions logiques à par­tir de son expéri­ence d’écrivain.
Com­ment enfin et aus­si, à cet éclairage inédit et véri­fié, les médias ont tourné le dos pour ne pas voir ce qui, à l’instar de la let­tre volée dans la nou­velle éponyme d’Edgar Allan Poe, était là, bien en évidence.

©Philippe­Bouret.

Quel(s) sens accordez-vous à cette « Escapade » ?

Escapade est avant tout pour moi un sig­nifi­ant de la liberté.
Il vient nom­mer la longue con­ver­sa­tion que nous avons menée pen­dant plus de deux ans. Con­ver­sa­tion au long cours entre une roman­cière et un psy­ch­an­a­lyste – une pre­mière, m’a‑t-on dit.
Une aven­ture comme une plongée incroy­able au cœur du tra­vail de Louise L. Lambrichs.
Des travaux menés pen­dant plus de quinze ans, pub­liés et qui, par le ver­rouil­lage médi­a­tique souligné plus haut, n’ont pu attein­dre la sphère publique et être portés au débat de la société civile, mal­gré une recon­nais­sance offi­cielle de l’État.
Ain­si, j’ai ren­con­tré une roman­cière au désir décidé et sur lequel elle ne cède pas.

Les artistes nous ouvrent des portes – Freud nous l’a enseigné et Lacan l’a martelé après lui et a fait un usage rigoureux de ce lien à l’artiste.
Pour Escapade, j’ai souhaité, une fois encore, met­tre à l’épreuve, en-corps, l’hommage de Lacan et celui de Miller.
J’ai con­sen­ti à me laiss­er tra­vers­er par les mots, au sein d’une expéri­ence de ren­con­tre avec Louise L. Lam­brichs, avec son écri­t­ure, avec sa parole, son dis­cours et son énonciation.
Dans un inco­ercible désir de savoir.
Dans mon lien au dis­cours de Louise L. Lam­brichs, j’ai ten­té un pari sur la posi­tion du psy­ch­an­a­lyste comme passeur, du côté de la vie, plutôt que sur une pos­ture mor­tifère de gar­di­en du Temple.

©Philippe­Bouret.

Cette con­ver­sa­tion est dev­enue à par­tir de là un lieu où il était pos­si­ble de faire émerg­er un savoir à par­tir de ce qui est dit et davan­tage, quand le sujet s’entend dire au-delà du dit.
Cette con­ver­sa­tion s’est con­stru­ite autour de places vides pour dire le manque.
De mon côté le manque à savoir.
Je suis entré dans cette con­ver­sa­tion à par­tir de ce qui m’a fait psy­ch­an­a­lyste, de cette place où le sig­nifi­ant manque au sujet pour dire son être.
J’ai main­tenu ma posi­tion analysante.
J’ai sup­posé Louise L. Lam­brichs-savoir, tel l’analysant qui sup­pose l’analyste-savoir ou l’analyste qui sup­pose l’analysant-savoir. Je me suis lais­sé tra­vers­er par le dis­cours de l’autre. C’est ce qui fait la sin­gu­lar­ité de ce livre.

Il y a le sens, les énon­cés, la dialec­tique, les artic­u­la­tions signifiantes.
Il y a les faits, les années d’un tra­vail rigoureux de recherche et d’élaboration de Louise L. Lambrichs.
Et il y a aus­si quelque chose qui intéresse la présence des corps, la voix, l’énonciation et par là le jail­lisse­ment de nom­breux moments de surprise.
Le désir est présent, il est à l’œuvre, il est engagé de part et d’autre.

Une « Escapade » qui se fait large­ment écho d’un « triple déni, de jus­tice, de géno­cide et d’agression »…

La cor­re­spon­dance régulière avec Louise L. Lam­brichs s’est peu à peu resser­rée autour de son tra­vail sur la guerre en ex-Yougoslavie.
Depuis plus de vingt ans, elle pour­suiv­ait de longues recherch­es sur la ques­tion du déni de génocide.
Deux ouvrages avaient vu le jour : Nous ne ver­rons jamais Vuko­var, en 2005, et L’effet papil­lon, en 2007 (qu’elle a depuis regroupés, tout en les aug­men­tant, dans le vol­ume Comme en 14 ? pub­lié par La rumeur libre Éditions).
Évidem­ment, je me suis mis à lire son tra­vail et je n’ai pas lâché cette lecture.

« Face au silence ren­con­tré aus­si bien dans les médias que chez les chercheurs et les his­to­riens, les cri­tiques, les philosophes ou les écrivains, dit Louise L. Lam­brichs, j’ai fini par penser que seul un psy­ch­an­a­lyste pour­rait vrai­ment accrocher à ce tra­vail pour en percevoir aus­si le car­ac­tère inédit. Puisque le déni, rel­e­vant de la part incon­sciente et obscure du sujet par­lant, part qui présente aus­si un aspect insond­able, cela intéresse évidem­ment la psychanalyse. »

©Philippe­Bouret.

« Le psy­ch­an­a­lyste invite le corps vivant de l’artiste habité par le lan­gage à s’engager dans la danse »…

La ren­con­tre au un-par-un et la dif­fu­sion d’un savoir nou­veau dans la cité, ou d’un savoir qui a été dénié, favorisent ce que j’ai appelé la psy­ch­analyse en expan­sion, celle qui fait le pari sur le désir, en tant qu’il est contagieux.
Quand le psy­ch­an­a­lyste ren­con­tre l’artiste, l’entretien devient pulsatile.
Le mou­ve­ment d’ouverture et de fer­me­ture, la ren­con­tre de deux incon­scients, ori­en­tent l’engagement de chacun.
Vous trou­verez aus­si cela dans cette Escapade avec Louise L. Lambrichs.
Il en va de la survie de l’usage de la langue vivante et incar­née, de la lib­erté et, dans ce cas pré­cis avec Louise L. Lam­brichs, de l’avenir de l’Europe et des jeunes générations.
Alors le psy­ch­an­a­lyste invite le corps vivant de l’artiste habité par le lan­gage à s’engager dans la danse.
Le passeur con­voque les mots qui le tra­vail­lent, tra­vaille avec les mots qui le convoquent.
Il entre, avec l’artiste, la roman­cière ici, dans la grande cav­al­cade des signifiants.

Pho­to libre de droits.
Ligne de fond – Werner Lambersy ; Philippe Bouret, coll. « Le psychanalyste dans la cité », La rumeur libre Éditions, 19 euros.
Escapade « Conversation 2015-2016 » – Louise L. Lambrichs ; Philippe Bouret, coll. « Entretiens », La rumeur libre Éditions, 22 euros.

En savoir plus :
Site des Édi­tions La rumeur libre : larumeurlibre.fr

Philippe Bouret sur Face­book
Et sur Twit­ter : @BouretPhilippe

 

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